Passer le brevet en candidat libre

Passer le brevet des collèges sans aller à l'école

Passer le brevet en candidat libre, est-ce compatible avec la vie nomade ou un grand voyage ? Oui absolument ! 

C’est vrai que l’idée peut faire un peu peur au début : où s’inscrire ? Quelles sont les épreuves ? Comment s’y préparer quand on est souvent en déplacement ? On s’est posé les mêmes questions… et nous venons de l’expérimenter avec Alix, notre ado de 15 ans.

Dans cet article, je vous partage tout ce qu’il faut savoir pour préparer le DNB (Diplôme National du Brevet) en douceur, en famille et sans sacrifier votre liberté de bouger. 
Prêts ? On vous guide pas à pas.

Pourquoi passer le brevet en candidat libre ?

Comme beaucoup de famille en IEF, nous ne sommes pas spécialement attachés aux examens. On croit avant tout à un apprentissage vivant, autonome, qui se construit en chemin. Mais nous avons à cœur d’accompagner nos filles dans leurs souhaits et leurs objectifs. Ainsi notre fille Romane avait choisi de passer le Bac, avec le Cned il y a 2 ans, et l’année dernière, Alix nous a fait part de son souhait de passer le brevet. Elle avait envie de se lancer un défi, de voir où elle en était et de vivre cette expérience d’un examen. Nous l’avons donc aidé à se préparer pour qu’elle puisse s’y présenter en juin 2025.

Le brevet n’est ni obligatoire ni indispensable, mais il peut être une belle occasion de se fixer un objectif concret et de gagner en confiance, sans renoncer à sa liberté de vivre et d’apprendre autrement.

Passer le brevet en candidat libre, c’est surtout laisser à son enfant la liberté d’apprendre à son rythme, tout en lui ouvrant les portes du lycée (si c’est son choix), d’une formation ou tout simplement se situer (en rassurant les grands-parents 😉). C’est un bel équilibre entre autonomie, liberté, et reconnaissance officielle du travail accompli.

Qui peut passer le brevet en candidat libre ?

L’examen du brevet des collèges est traditionnellement passé à la fin de la classe de troisième. Mais il est tout à fait possible de passer ce diplôme sans être scolarisé, au moment de son choix (il n’y a pas d’âge minimum ni maximum).

Afin de pouvoir s’inscrire à l’examen en candidat libre, il faut être dans l’une des situations suivantes : 

  • Être un élève scolarisé au-delà de la classe de 3e
  • Être un élève de 3e de l’enseignement privé hors contrat
  • Suivre une instruction en famille
  • Suivre les cours du Cned de manière non réglementée
  • Être un adulte souhaitant passer l’examen

Comment s’inscrire au brevet en candidat libre ?

Où s'inscrire pour passer le brevet en candidat libre ?

Afin de pouvoir vous présenter aux épreuves, il est nécessaire de s’être inscrit au préalable. Cette démarche se fait auprès du rectorat de votre région de domiciliation. Si vous vivez à l’étranger, vous devez contacter le consulat ou l’ambassade. Si vous êtes nomades et que vous n’avez pas d’adresse fixe, vous pouvez utiliser celle d’un proche, les examens auront alors lieu dans sa zone géographique, ou vous rapprocher des services consulaires si vous êtes hors de France.

Pour notre part, nous avons une adresse fiscale en France que nous avons utilisé pour l’inscription d’Alix et sommes revenus en France pour les dates des épreuves. Mais vous pouvez aussi faire le choix de passer l’examen à l’étranger.

Les dates d'inscription

Il ne faut pas rater les dates d’inscription, car celles-ci ont lieu très tôt dans l’année scolaire, en général vers octobre/novembre, pour des épreuves ayant lieu en juin de l’année suivante. 

Chaque région fixe ses propres dates d’inscription. Je vous conseille donc de prendre contact dès septembre auprès des services du rectorat/du consulat pour connaître les dates exactes pour la zone que vous avez choisie.

L'inscription

L’inscription peut se faire de 2 manières : soit au guichet du rectorat, soit par internet sur le site Cyclades. Sur le site vous devez créer un compte qui va vous permettre de centraliser tous les documents et informations. Vous retrouverez alors : 

  • le dossier d’inscription à compléter et les documents à fournir
  • la confirmation d’inscription
  • la convocation aux épreuves précisant les dates et le lieu
  • les résultats suite aux examens

Pièces à fournir

Les documents à fournir peuvent être différents en fonction de votre situation personnelle. En règle générale, il ne faudra que le dossier d’inscription complété ainsi qu’une copie de la pièce d’identité de votre enfant.

Besoins spécifiques

Si votre enfant présente un besoin de santé spécifique qui peut lui permettre de prétendre à des aménagements d’examen ( comme un tiers-temps supplémentaire, une dictée aménagée ou l’utilisation de son ordinateur par exemple), il faut en faire la demande au moment de l‘inscription (n’hésitez pas à contacter le service des examens du rectorat pour qu’il vous renseigne au mieux). Il vous sera demandé de justifier de ce besoin par des comptes rendus médicaux la plupart du temps.

Les dates d'examen

Les épreuves ont généralement lieu fin juin, sur 2 jours. Si vous êtes hors de France métropolitaine, les dates ne sont alors pas les même et les épreuves ont souvent lieu un peu plus tôt.

Le brevet avec le Cned réglementé

Pour les ados ayant une scolarité avec le Cned en mode réglementé, il ne s’agit pas d’un examen en candidat libre mais en tant que candidat scolaire. Les inscriptions sont alors à gérer avec le Cned.

Quelles sont les épreuves du DNB pour les candidats libres ?

Afin de passer le brevet en candidat libre, votre ado devra passer 5 épreuves portant sur le programme de 3° de l’éducation nationale française. Il s’agit du français, des maths, de l’histoire-géo-éducation morale et civique, les sciences et l’anglais.

Français

Cette épreuve du DNB, notée sur 100 points, comporte 3 parties.

Les 2 premières parties durent 1h30 et comprennent la grammaire et la compréhension/analyse de texte (sur 50 points) et la dictée (sur 10 points)

La dernière partie est une rédaction, durant également 1h30 (notée sur 40 points). Il faut traiter un sujet d’invention ou un sujet de réflexion.

Mathématiques

L’examen de mathématiques dure 2 heures et est évalué sur 100 points.

Histoire-Géo-EMC

Ces 3 disciplines sont évaluées lors d’une épreuve de 2 heures. L’histoire et la géographie sont notées sur 40 points et l’EMC sur 10, pour faire une note globale sur 50.

Le sujet d’EMC s’appuie toujours sur une étude de document.

Pour l’histoire et la géo, le sujet de l’une des deux disciplines est sous forme d’un développement construit et l’autre sous forme d’étude de document, en fonction il y a aussi une frise ou une carte à compléter.

Sciences

Durant cette épreuve d’une heure (oui c’est très court et rapide !), 3 matières peuvent être évaluées : la physique, la SVT (sciences de la vie et de la terre) et la technologie. 

Mais seulement 2 matières seront concernées pour l’évaluation. En effet, environ 1 mois avant le brevet, un tirage au sort détermine les 2 matières qui seront évaluées au prochain brevet des collèges. Le résultat de ce tirage au sort est public, vous pourrez consulter les résultats sur le site Éduscol (valable uniquement pour la France métropolitaine).

Par exemple, Alix a passé cette année (2025) physique et SVT.

La notation a lieu sur 50 points.

Anglais

Cette dernière épreuve est spécifique au candidat libre. Il s’agit d’une épreuve écrite de 2 heures, notée sur 100 points. La première partie est une compréhension de texte : le texte est en anglais, puis des questions en français sont posées sur ce texte. Les réponses sont attendues en français ou en anglais selon les questions. 

La seconde partie est une rédaction de texte en anglais, assez courte (80/100 mots).

Et l’épreuve orale ?

Il existe une épreuve orale, où l’élève doit présenter un projet en histoire de l’art ou un thème de son choix en lien avec le programme, mais cette épreuve est spécifique au candidat scolaire et ne concerne pas les ados passant l’épreuve du DNB en candidats libres.

Comment se préparer efficacement au brevet en autonomie ?

Afin de préparer l’examen, nous avons adapté notre instruction et son organisation. Nous avons dû un peu délaisser l’approfondissement de ce que nous vivions et découvrons en voyage au profit du programme de troisième. Nous avons fait le choix de préparer cet examen sur une année scolaire, mais cela peut très bien s’envisager sur 2 ans. Pour structurer un peu les apprentissages sans se sentir stressé, j’ai établi un planning en fonction des programmes officiels.

Les programmes

Qu’on soit adepte ou non des programmes de l’école française, pas le choix pour passer un examen que de s’y confronter. 

On peut trouver les programmes complets sur Educscol et sur le site du gouvernement. Toutefois, on ne va pas se mentir, ce n’est pas toujours clair et il y a quelques beaux pavés à lire. Pour faire plus simple, on peut s’appuyer sur les livres d’enseignements, qui sont conformes au programme.

De notre côté nous utilisons Le livre scolaire (en version gratuite). Nous ne nous appuyons pas toujours sur ce livre pour travailler mais il est un bon repère pour les programmes.

Ressources

Il existe de nombreuses ressources disponibles pour aider et accompagner les enfants. Le choix va dépendre de plusieurs facteurs : organisation, préférences, place disponible.

Les livres et manuels scolaires

Qu’ils soient en version papier ou numérique, ils sont des alliés pratiques. Vous pouvez trouver des livres compilant toutes les matières ou opter pour des livres séparés. C’est cette seconde option que nous favorisons. Si les livres tout en un peuvent être intéressants à d’autres moments, je les trouvent trop succincts pour préparer un examen. Comme dit plus haut, nous utilisons souvent les manuels du Livre scolaire.

Les plateformes scolaires en ligne

Kartable, Schoolmov, Maxicours, Pass éducation et bien d’autres sont des plateformes de soutien scolaire en ligne. Vous pouvez les utiliser pour suivre la progression de 3°. Vous aurez accès gratuitement à quelques ressources mais devrez souvent opter pour les formules payantes pour avoir accès à l’ensemble du site.

Les sites et vidéos

Blogs de profs passionnés, sites internet (Lumni) ou encore chaine Youtube, l’offre est absolument incroyable. C’est ici que je pioche la plupart des ressources pour agrémenter les apprentissages des filles et les rendre plus motivants et intéressants.

Je propose quelques unes de nos ressources dans un autre article (à lire ici). Pour la préparation du brevet, nous avons utilisé principalement : Maths et tiques, les vidéos Youtube Les bons profs, le français efficace pour les réécritures en français, Dictaly pour les dictées, un blog d’enseignantes : La classe inversée pour l’histoire-géo et emc.

Les annales et anciens sujets du brevet

Selon moi l’indispensable : les annales des épreuves.

Utiliser les anciens sujets permet vraiment de se rendre compte ce qui est attendu, de se familiariser avec les tournures des questions et des documents proposés. C’est aussi bien-sûr idéal pour s’entrainer à travailler dans le temps imparti.

Il est facile d’en trouver sur internet. De nombreux professeurs prennent le temps de mettre des exemples de correction avec le sujet, une aide vraiment précieuse. Alix en a fait régulièrement les mois précédents le brevet. Elle savait ainsi exactement à quoi s’attendre sur la forme et cela lui permettait de vérifier si elle avait bien compris les notions travaillées.

Nous n’avons pas de manuels ou documents papier : nous ne voulons/pouvons pas nous encombrer en termes de place et de poids avec de nombreux livres. Nous privilégions donc les manuels numériques.

En revanche, Alix (et Romane) effectuent les exercices sur des cahiers, que nous ne gardons pas une fois terminés. Les filles avaient aussi choisi d’utiliser des petites fiches bristol sur lesquelles elles écrivent ce dont elles veulent se rappeler ou ce qu’elles souhaitent relire plus tard.

Et enfin pour le brevet spécifiquement, nous avions acheté 2 guides de révision, dans un petit format, qui n’ont pas tant servis que ça au final et dont nous aurions pu nous passer.

Organisation

Pour permettre à Alix de travailler efficacement, nous avons élaboré un planning ensemble, en fonction de nos dispos et de l’ensemble de ce qui était à travailler. 

Nous n’étions pas sur un emploi du temps rigide ! Mais plutôt une trame qui permet de ne pas prendre trop de retard. Quand on est en IEF, surtout au long cours, on a l’habitude de pouvoir prendre le temps, il n’y a pas vraiment d’année scolaire. Mais dans le cas de la préparation à un examen, il y a une date à respecter, mieux vaut s’organiser pour rester cool ! D’autant que les programmes sont très denses dans toutes les matières !

Notre planning était donc en fait un découpage sur l’année des programmes de toutes les matières à travailler. Nous fonctionnons avec un tableau nous permettant de visualiser l’ensemble : plus simple pour se situer et voir là où on a pas encore avancé (par exemple la techno qui n’est vraiment pas motivante…).

Les spécificités de l’éducation nationale

 

S’entraîner à travailler dans un temps donné

C’est l’un des plus grands ajustements pour les enfants en IEF : gérer un temps limité. Le jour J, chaque épreuve est limitée et cela peut être déstabilisant si on n’y est pas préparé. Pour s’habituer, commencer tranquillement en leur proposant un temps limité pour travailler un thème ou un chapitre. Ensuite utilisez les annales des épreuves en respectant le temps imparti. En faisant cela régulièrement, vos enfants seront prêts et pas stressés !

S’adapter aux attentes et critères

Les jeunes nomades en IEF possèdent de nombreuses connaissances et compétences, souvent bien au-delà des attendus de l’école. Mais certains « codes » peuvent leur être inconnu :  la structure d’une rédaction en français ou d’un développement construit, l’exposé de la pensée en mathématiques. 

Il faut donc prendre cet aspect en compte lors de la préparation de l’examen. Car malheureusement, s’ils ne savent pas présenter ou rédiger comme cela est attendu, ils risquent d’être en difficulté. Pour travailler ces aspects, on peut trouver de nombreuses ressources de professeurs, et utiliser des annales corrigés.

Conseils pour les familles nomades

Quand on veut faire rimer explorations et travail scolaire, cela demande quelques ajustements, mais rien d’insurmontable.

Prendre le temps

Lors d’un voyage, on a plutôt envie de profiter et visiter, mais la préparation d’un examen nécessite néanmoins du temps, qui ne peut pas être seulement entre 2 avions ou lors des déplacements en camping-car. Décidez ensemble de ce qui convient le mieux à votre famille : tous les matins ou plutôt les après-midi, 1 jour/2, une petite routine peut aider les enfants pour s’organiser et se motiver. Bien-sûr cette organisation ne doit pas être rigide et doit pouvoir s’adapter à la fatigue, aux envies et aux opportunités du voyage. 

Gérer le réseau internet

Si comme nous, vous utilisez majoritairement des ressources numériques, pensez à anticiper les moments sans réseau internet ou les risques de coupure. Téléchargez à l’avance ce dont vous aurez besoin durant cette période pour ne pas vous retrouver bloqués.

Faire des pauses

Ça na passe plus ? Fatigué ? Même si votre ado n’est pas enfermé dans une salle de classe 6 heures par jour, il risque de ressentir une certaine lassitude,  vous êtes libres de vous organiser, donc profitez-en, faites des pauses de quelques jours !

Anticiper le retour

Si vous revenez en France pour les examens, essayer de laisser un peu de marge avec les dates des épreuves. Des problèmes de transport sont vite arrivés. Nous sommes rentrés du Sri Lanka 15 jours avant, Alix avait ainsi pu récupérer du voyage et avoir du temps pour faire ses dernières révisions.

Varier les supports

Pour éviter de se lasser, utiliser différents supports (c’est d’ailleurs valable aussi pour les apprentissages hors examen) : lecture, vidéos, exercices écrits, discussions orales…Regardez des films historiques ou des émissions scientifiques sont aussi de l’apprentissage !

Positiver et dédramatiser

Passer un examen est un exercice qui peut être intéressant, cela peut aussi être une clé pour certains projets, comme les études supérieurs. Mais le résultat ne nous définit pas et notre valeur ne dépend pas de la réussite à un examen. Valorisez vos ados face à la prise de risque, à l’audace et à l’énergie déployée.

Malgré les efforts, on peut ne pas réussir les épreuves le jour J, ce n’est pas un drame, on peut retenter une autre fois, ou pas et construire un autre projet…il existe de nombreuses voies possibles.

Retours d'expérience

Point de vue d’Alix (15 ans)

J’avais choisi de passer le brevet parce que c’était comme un challenge personnel, pour voir si j’étais capable de le faire. 

Passer le brevet en candidat libre ne m’a pas semblé plus compliqué que si j’avais été scolarisée. Ça demande surtout une certaine motivation parce que les programmes sont denses et qu’il faut tous les connaître pour l’examen. Et aussi parce que contrairement aux jeunes scolarisés on ne baigne pas dedans depuis la quatrième, là ça doit venir de nous; puisque mine de rien ça demande quand même un temps de travail conséquent, surtout les dernières semaines avant les épreuves.

       Je dirais que ça ne m’as pas déplu de le faire. C’est assez satisfaisant de se dire qu’on travaille pour un but précis.

Au final je pense qu’être en candidat libre était en fait un avantage, j’avais plus de temps pour réviser et m’entraîner que si j‘avais été en cours. Plus de temps pour reprendre les sujets sur lesquels j’étais moins à l’aise, donc j’étais assez sûre de moi le jour des épreuves.

Point de vue de parents

Les programmes sont vraiment denses (et pas toujours intéressants). Même si nous ne sommes pas fans, nous avons suivi les programmes de près, de manières assidues, afin de permettre à notre fille d’être prête et sereine pour l’examen.

J’avais préparé un planning en fonction de nos dispos annuels, Alix pouvait ainsi travailler en autonomie mais en se situant sur l’ensemble des programmes à travailler. En débutant en septembre, elle a travaillé la plupart des matins (9h-13h), hors samedi et dimanche et les après-midi durant 1 mois en avril. De cette manière, elle a étudié et terminé l’ensemble des programmes début mai. Nous partions au Sri Lanka en mai jusqu’au 15 juin et souhaitions qu’elle puisse profiter du voyage ! Elle n’a eu alors qu’à réviser…

Cela s’est avéré payant, puisque Alix a obtenu son brevet mention très bien, une vraie joie et satisfaction pour elle !

Passer le brevet en candidat libre n’est pas un passage obligé, mais ça peut être une belle aventure tout de même. Nous avons vraiment été impressionné par l’énergie que s’est donnée Alix pour parvenir à son objectif, sans doute portée par son propre choix. 

Et si vous avez des questions ou une expérience à partager à propos des examens des enfants en IEF, sur les routes ou non, on en parle avec plaisir dans les commentaires ou sur IG @savoirs.nomades 🌍💬

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